Messe en différé

Publié le par Ensemble paroissial Pibrac et Brax

FETE DU CHRIST ROI

Oratoire du Prieuré de Pibrac

22/11/2020

 

Reconnaissons-le ! Qui n’est pas fasciné par l’histoire des rois et de leurs royaumes ? Qui n’est pas attiré à allumer sa télé quand un prince ou une princesse se marie ?

En même temps, certaines cours royales, aujourd’hui, semblent battre de l’aile. Au lieu de s’occuper du « bien-être » des personnes, le paraître est plus important. Au lieu de « bien servir » les personnes nécessiteuses ou blessées, l’appât de l’argent, l’appétit du pouvoir enferment bien des princes ou des rois. Ainsi, s’étiole leur réputation jusqu’à vouloir la destitution de certaines cours royales !

Mais qui est-il le Christ-Roi que nous célébrons aujourd’hui ? Un Dieu Roi ! Avons-nous autant d’intérêt, autant d’attrait que nous pouvons avoir pour les rois de ce monde ? Sommes-nous encore fascinés par ce Christ-Roi  ou sommes-nous lassés ? Ou serions-nous tentés de lui tourner le dos tant il nous semble lointain, absent voire indifférent au moment où nous traversons des moments difficiles, tragiques, où l’avenir est loin d’être clair ?

C’est bien le Christ-Roi que nous célébrons aujourd’hui ! Quelle est la figure de ce Christ-Roi ? Une figure autoritaire, une figure sans sentiments, une figure lointaine ? Pour mieux connaître la figure du Christ-Roi et pourquoi pas pour mieux l’aimer et le servir, nous avons les textes de la Parole qui nous donnent de pouvoir contempler le vrai visage du Christ-Roi .

Le prophète Ézéchiel tout comme le psaume 22 nous présente Dieu comme un berger. Un berger qui s’occupe de ses brebis sans relâche ; un berger qui prend tout son temps pour veiller sur les brebis ; un berger qui n’a pas peur de perdre son temps pour retrouver les brebis perdues. Peut-être, aujourd’hui, faisons-nous l’expérience d’une manière ou d’une autre, de se sentir perdus, paumés, ne sachant plus comment aller de l’avant, comment retrouver le repos, la sérénité, la paix. Oui le Christ -Roi est bien ce berger proche de nous, aujourd’hui. Comment ne pas accueillir avec bonheur ces mots d’Ézéchiel si actuels : « Je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. ». Je crois profondément, plus que jamais, nous faisons l’expérience que le Seigneur ne nous abandonne pas. On serait surpris si chacun de nous exprimait comment ce berger nous donne la force pour garder courage ; comment ce berger panse nos blessures à cause de la peur qui peut nous envahir ; comment ce berger est attentif à nos besoins ou à nos cris si secrets soient-ils ! Pour ce berger, nos vies sont si précieuses à ses yeux qu’il ne se lasse pas de prendre soin de chacun de nous et d’aller au secours des plus faibles. Ce passage d’Ezéchiel est à lire, à goûter tant il donne espérance pour continuer notre route tout comme le psaume 22 :  « Oui, le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien….Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ! »

Saint Paul nous présente la figure du Christ Roi comme le ressuscité. Il conçoit la Royauté du Christ comme étant le fruit de sa résurrection d’entre les morts. St Paul sait que la mort n’aura pas le dernier mot. Aussi, « le pouvoir du Christ n’a pas la nature d’une force politique. La puissance qu’il tient du Père est une force de vie pour lutter contre le mal. » (Cf. Les Cahiers Prions en Eglise, n° 270, p. 88). Le ressuscité est bien présent aujourd’hui pour nous donner la force pour résister, pour toujours croire à la vie plus forte que tout.

Il est vrai aussi que l’évangile selon Matthieu nous présente le Christ-Roi comme un roi glorieux avec toute son exhorte d’anges. Cette page d’évangile a inspiré tant d’artistes pour représenter le Jugement Dernier comme à la cathédrale Ste Cécile d’Albi. En même temps, le roi glorieux daigne regarder tous ces visages humains qui sont misérables, prisonniers ou malades. Leurs visages ne rayonnent pas la lumière, visages sans beauté, sans force. Ce Roi glorieux vient chercher l’homme dans sa vérité de dénuement, de pauvreté. Il est loin de chercher chez l’homme des grands exploits spectaculaires. Il ne s’agit pas d’être un grand vertueux ou un méritant L’important, c’est de savoir regarder l’autre tel qu’il est à fortiori le plus petit ; c’est de savoir respecter, aimer et servir celui qui a faim, qui a soif, qui est nu, qui est en prison. Car, et c’est là, l’inouï : «  Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Est-ce à dire que le prochain doit être considéré déjà comme un roi ?.....

Alors, le jour du face à face avec le Christ-Roi, tous ces gestes d’amour, d’attention, de respect, d’oubli de soi, gestes quotidiens et insignifiants prendront tout leur sens et leur vérité. Le face à face se vit déjà aujourd’hui. St Matthieu termine son évangile en disant que le Christ est au milieu de nous jusqu’à la fin des temps (Cf. Mt 28,20). Quelle espérance pour nous aujourd’hui….. !

Dieu Père, donne- nous de reconnaître notre Seigneur et notre Roi dans le pauvre, le démuni, l’étranger. C’est bien lui, Jésus, Roi, Seigneur du Ciel et de la terre, qui vit en eux et attend ton amour. Heureux serons-nous de pouvoir répondre à son attente avec eux auprès de toi et heureux serons-nous de le rejoindre auprès de toi pour toujours. (Cf. Les Cahiers Prions en Eglise, n° 270, p.91).

Amen.

 

 

                                                                                   P. Jean-Dominique DELGUE scj

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