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Sainte Germaine

Accueil du Sanctuaire

 

 

dimanche 12 juin 2016 

mercredi 15 juin 2016

 

 

 

 

 

Publié par Ensemble paroissial Pibrac et Brax

Encore l’horreur à la Une ! Des attentats sanglants le jour des Rameaux contre les Coptes   bouleversent les chrétiens, les croyants de toutes religions, les hommes épris de respect des personnes, de vivre ensemble et tout simplement d’humanité. Basma, égyptienne chrétienne, écrit aujourd’hui à une amie : « C'est horrible, j'ai peur ... j'ai l'impression que je vais mourir un jour, c'est terrifiante la vie maintenant. Comment tu te comporte s'il y'a quelqu'un qui est prêt à se bombarder pour te tuer, c'est fou. Je veux quitter ce pays qui ne respecte pas l'humanité et qui ne cherche pas à protéger les gens. Prie pour moi et ma famille s'il te plaît ... ». Désarroi et supplication émouvants sur fond de cris de révolte contre les tueurs et leurs commanditaires ;  colère contre une sécurité passoire ; appels à sévir au plus tôt contre ces crimes abjects. Ils se passent loin de chez nous mais ils nous atteignent comme le triste remake de massacres commis dans notre pays. Pourtant une question nous taraude. Elle n’atténue en rien l’indignation, la douleur, les larmes, le deuil, ni ne cherche à justifier l’injustifiable : comment notre société a laissé une partie de sa jeunesse se perdre dans de telles aventures mortifères et meurtrières[1] ? C’est chercher au-delà des réactions d’urgence, à discerner les causes premières des massacres, pour lutter non seulement contre des périls immédiats et répétitifs, mais les combattre à leurs sources. Mais comment parvenir à se tenir ainsi à distance de si grandes souffrances quand le sang des victimes éclabousse les murs  des églises où elles prient ?  Comment devant tant d’abjections accepter de clamer Vous n’aurez pas ma haine !   et refuser de se laisser entraîner dans la vis sans fin de la vengeance.

Que pèse devant ce drame d’Égypte le scandale provoqué par un évêque qui se doit, à la demande du Pape, de démissionner ? Des rumeurs » persistantes « sur des attitudes pastorales inappropriées » faites de propos et de gestes déplacés, jetaient suffisamment le trouble dans son diocèse pour rendre difficile sa mission de pasteur. Les victimes, des jeunes, sont blessées, traumatisées, scandalisées. C’est avant tout vers elles que doivent s’orienter les pensées, les soutiens, les secours. Des rapports sur ces comportements qui humilient l’Église ont été portés à la connaissance des autorités religieuses. Elles ont réagi aussitôt, en phase avec la décision du Pape. En même temps même sans qu’une plainte soit à ce jour déposée, des médias se déchaînent. Le souvenir d’une enquête classée sans suite par le parquet de Toulouse refait surface, au risque d’édulcorer la portée juridique du « sans suite ». Ici encore nous avons besoin de ne pas perdre de vue, quelle que soit la détermination de la lutte contre les turpitudes, le devoir de la présomption d’innocence. Elle est parfois bafouée par des jugements hâtifs portés hors de toute instruction solide.

Enfin, à une autre échelle encore, des candidats à la Présidence s’échinent dans les arènes électorales, laissant aux plus revendicatifs le pouvoir de l’invective et de la surenchère[2] Des citoyens perplexes, déçus, sidérés d’envisager le pays entre les mains de responsables plus préoccupés de gestion que du sens du politiques, se trouvent déroutés quand ils perçoivent que Redéfinir un contrat social ne peut se faire par simple ajout de rustines pour que chacun voie ses intérêts préservés[3]. Pourtant morosités et pessimismes perdent pied devant de surprenantes réalisations citoyennes où s’associent créativité, inventivité, générosité, nouées par le sens du bien commun et des personnes. Se dessinent là aussi les couleurs d’un printemps.

Les chrétiens célèbrent cette semaine la tragédie de la Passion et de la mort du Christ. Ils font mémoire d’un ramassis impressionnant de turpitudes : des violences et des trahisons, des lâchetés et des peurs, des haines, des hypocrisies ... un innocent crucifié sur une décharge publique. Une tragédie que l’actualité place sous nos yeux au présent ! Saurons-nous accueillir le printemps pascal où toutes ces morts sont vaincues par la vie et l’amour ?

dagras.michel@neuf.fr

 

[1]     Évêques de France, Retrouver le sens du Politique, 6.

[2]     Ibid. 2

[3]     Ibid. 7