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Publié par pastoral

DE GRANDES FOULES
FAISAIENT ROUTE AVEC JÉSUS


Lettre pastorale pour la rentrée de septembre 2016


Suivre Jésus dans sa montée vers Jérusalem


Au moment où nous entrons dans une nouvelle année pastorale, nous sommes marqués par les paroles de Jésus, scandées dans saint Luc, les derniers dimanches du mois d’août et les premiers de septembre. Depuis l’Avent, dans le nouveau Lectionnaire dominical, nous lisons le troisième Évangile et nous suivons les pages qui soulignent la marche de Jésus vers Jérusalem. Dès le chapitre 9, cette « montée » est solennellement annoncée : « Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem » (Lc 9, 51). Nous entendions ces paroles le 26 juin, à la messe des ordinations à la cathédrale (13e dimanche ordinaire), et j’invitais alors les ordinands à se montrer déterminés dans la mise en oeuvre de leur vocation et de leur mission. Un mois plus tard, le jour de la sainte Anne, le 26 juillet, nous apprenions l’égorgement, à l’autel de Saint-Étienne du Rouvray, de l’abbé Jacques Hamel. Dans ce contexte tragique, j’ai été frappé de constater à Cracovie, où nous venions d’arriver, la détermination sereine des jeunes auprès du pape François. Je souhaite que nous prenions ensemble résolument cette route vers Jérusalem, pour vivre plus pleinement du Mystère pascal, annoncé aux trois Apôtres privilégiés lors de la Transfiguration : « Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem » (Lc 9, 31).


Le dimanche 21 août, la parole de Luc nous rejoignait : « Tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant » (13, 22), mission que poursuit le ministère épiscopal. Quelqu’un lui pose une question sur le nombre de personnes qui seront sauvées. Jésus répond : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas » (24). Ce qui nous interroge au moment où va s’achever l’Année de la Miséricorde : en effet, nous avons, à l’invitation du Pape, ouvert largement des Portes saintes à la cathédrale Saint-Étienne, à la cathédrale Saint-Bertrand-de-Comminges et à la basilique Sainte-Germaine de Pibrac. Nous sommes entrés, nombreux, par ces Portes. Comment avons-nous vécu cette Année sainte, notamment dans une vraie conversion et en démarches de réconciliation ? Les paroles de Jésus qui suivent dans la péricope évangélique sont dures ; elles sont même redoutables : « Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes” » (25).

Le vendredi 26 août, nous étions à Lourdes en pèlerinage diocésain. L’évangile du jour, dans le Lectionnaire de semaine, était, en saint Matthieu, dont nous achevions la lecture continue, la parabole des dix jeunes filles. Les insouciantes étaient allées chercher de l’huile quand l’époux arriva ; elles se présentent, mais la porte est fermée ; elles demandent qu’on leur ouvre, mais la parole de l’époux est cinglante : « Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas » (Mt 25, 12).


Suivre l’Agneau immolé, lumière de la Jérusalem céleste


Ces paroles sont terribles et nous invitent à la vigilance. Nous sommes invités aux noces de l’Agneau, celui que l’Apocalypse présente à la fois égorgé et vainqueur, paroles qui prennent un sens concret pour nous depuis l’assassinat de l’abbé Hamel : « J’ai vu, écrit saint Jean, entre le Trône, les quatre Vivants et les Anciens, un Agneau debout, comme égorgé » (5, 6 ; ce mot revient aux versets 9 et 12). Avec cet Agneau, qui est aussi la Porte et le Pasteur (cf. Jn 10), nous allons vers la salle des noces, vers le festin messianique : « Tandis qu’il faisait route vers Jérusalem… » À Cracovie, le pape François a engagé les jeunes à construire des ponts et non à élever des murs.


Nous savons que des murs défigurent actuellement Jérusalem à l’intérieur, alors que la Ville sainte, descendue d’auprès de Dieu, que nous décrit l’Apocalypse dans les dernières pages de la Bible, est défendue par « une muraille reposant sur douze fondations, portant les douze noms des douze Apôtres de l’Agneau » (21, 14). Elle n’est pas fermée pour autant, car sa « grande et haute muraille » (12) est percée de douze portes, « trois portes à l’orient, trois au nord, trois au midi, et trois à l’occident » (13). Ces portes sont toujours ouvertes : « Jour après jour, jamais les portes ne sont fermées, car il n’y aura plus de nuit » (25). Le texte précise : « Les douze portes sont douze perles, chaque porte faite d’une seule perle » (21). Quand on sait que la croix occitane, ou croix de Toulouse, s’appelle en héraldique « la croix perlée », on comprend qu’elle représente la Jérusalem céleste, d’autant qu’elle se trouve à la croisée des ogives en haut de la nef raymondine de la cathédrale Saint-Étienne.


Le dimanche 21 août, la première lecture était celle de la finale du prophète Isaïe ; elle met en scène une immense procession d’offrandes : « Moi, je viens rassembler toutes les nations, de toute langue. Elles viendront et verront ma gloire. De toutes les nations, on ramènera tous vos frères, en offrande au Seigneur, jusqu’à ma montagne sainte, à Jérusalem, dit le Seigneur » (66, 18.20). La fin de l’Apocalypse fait aussi référence à ce texte, à travers ces mots : « Les nations marcheront à la lumière de l’Agneau, et les rois de la terre y porteront leur gloire » (21, 24). Se confirme donc l’invitation qui nous est faite d’entrer dans un grand cortège vers la Vision de paix qu’est la Jérusalem du ciel, et d’y entraîner beaucoup d’autres.

Déterminés


Le dimanche 4 septembre, l’évangile du jour, dès la première phrase, nous remet clairement dans cette perspective : « En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus » (Lc 14, 25). Nous sommes toujours dans ce grand mouvement qui emmène Jésus vers sa Pâque et vers son Père, et qui veut nous entraîner dans son sillage. Ce n’est pas un voyage d’agrément ni une promenade de santé. Quand Jésus prend résolument la route de Jérusalem, il sait où il va ; il veut aussi que ses disciples sachent quel chemin ils prennent avec lui. Le texte de ce dimanche poursuit : « Il se retourna ». Quand on marche et que l’on veut entraîner d’autres, on sent bien si l’on est suivi. C’est le cas, puisque « de grandes foules faisaient route avec Jésus ». Mais jusqu’où iront-ils avec lui ? Nous savons qu’après le discours sur le pain de vie, en saint Jean, « beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner » (6, 66). En effet, Jésus avait déclaré : « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (55). La réaction de « beaucoup de ses disciples » ne tarda pas : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? » (60).


Ici, Jésus se retourne pour que la foule réalise bien quel chemin elle prend avec lui. Par trois fois, il insiste sur les conditions nécessaires pour le suivre : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 26). Le terme originel est fort, puisqu’on lit : « haïr » ; les relations les plus proches doivent passer après l’attachement au Seigneur. Jésus poursuit : « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple » (27) ; le chemin que Jésus entreprend et que l’on doit prendre avec lui est bien un chemin de croix. Après l’image qu’il donne de la réflexion nécessaire avant de décider de quelque chose d’important, Jésus conclut : « Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » (33). Trois fois revient en force cette formule sans ambiguïté. Voulons-nous être comptés parmi les disciples de Jésus ? Les conditions sont claires, les exigences abruptes. C’est la route qui nous est proposée. Sommes-nous prêts à continuer la route étroite et pentue du Mont Carmel, avec Jésus ?


Avec le pape François


Notre Pape, en sa première rencontre avec les jeunes à Cracovie (le jeudi soir 28 juillet 2016), n’a pas craint de les inviter à une randonnée : « Les alpinistes, lorsqu’ils gravissent les montagnes, chantent une chanson très belle, qui dit ceci : “Dans l’art de grimper, ce qui importe n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas demeurer à terre”. Si tu es faible, si tu tombes, regarde un peu en haut et il y a la main tendue de Jésus qui te dit : “Lève-toi, viens avec moi” ». En scandant ses mots, il avait commencé par leur dire : « Je suis peiné de rencontrer des jeunes qui ont l’air de pensionati, de retraités avant l’âge. Cela me fait de la peine. Je suis préoccupé de voir des jeunes qui ont jeté l’éponge avant de commencer la partie. Je suis peiné de voir des jeunes qui marchent, le visage triste, comme si la vie n’avait pas de valeur. Ce sont des jeunes fondamentalement ennuyés et ennuyeux, qui ennuient les autres, et cela me fait de la peine ».

Dans le même sens, le pape s’est préoccupé de voir les jeunes avachis ou vautrés devant des écrans : cette forme de paralysie « naît lorsqu’on confond le bonheur avec un divan ou un canapé. Un divan qui nous garantit des heures de tranquillité pour nous transférer dans le monde des jeux vidéo et passer des heures devant l’ordinateur. Un divan contre toute espèce de douleur et de crainte. Un divan qui nous maintiendra enfermés à la maison sans nous fatiguer, sans nous préoccuper. Peu à peu, sans nous en rendre compte, nous nous retrouvons étourdis et abrutis. Pendant ce temps, d’autres – pas les meilleurs – décident de l’avenir pour nous. Voulez-vous rester éveillés ? Voulez-vous être libres ? Voulez-vous lutter pour votre avenir ? Vous devez défendre votre liberté. Chers amis, Jésus est le Seigneur du risque, il est le Seigneur du toujours plus loin. Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut une dose de courage, il faut te décider à changer le divan contre une paire de chaussures qui t’aideront à marcher, sur des routes jamais rêvées et même pas imaginées, sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons, capables de propager la joie, cette joie qui naît de l’amour de dieu, la joie que laissent dans ton coeur chaque geste, chaque attitude de miséricorde. Aller par les routes de notre Dieu qui nous invite à être des acteurs politiques, des personnes qui pensent, des animateurs sociaux. Le temps que nous vivons aujourd’hui n’a pas besoin de jeunes-divan, mais de jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons » (veillée du 30 juillet au Campus misericordiæ).


Nous savons ce qu’il nous reste à faire : partir ensemble pour une nouvelle année à la suite de Jésus, « le Pasteur de nos âmes », lui qui, comme le disait le pape François à de nouveaux évêques, marche en tête du troupeau, mais aussi au milieu et même à l’arrière :


« Une présence pastorale signifie marcher avec le Peuple de Dieu, marcher devant, en indiquant le chemin, en indiquant la voie, marcher au milieu, pour le renforcer dans l’unité, marcher derrière, autant pour que personne ne reste en arrière, que pour suivre le flair qu’a le Peuple de Dieu pour trouver de nouvelles voies. Un évêque qui vit au milieu de ses fidèles a les oreilles ouvertes pour écouter « ce que l’Esprit dit aux Églises » (Ap 2, 7) et la « voix des brebis », notamment à travers les organismes diocésains qui ont le devoir de conseiller l’évêque, en promouvant un dialogue loyal et constructif. On ne peut penser à un évêque qui n’ait pas ces organismes diocésains : conseil presbytéral, consulteurs, conseil pastoral, conseil des affaires économiques. Cela signifie être précisément avec le peuple. Cette présence pastorale vous permettra de connaître à fond également la culture, les usages, les coutumes du territoire, la richesse de sainteté qui y est présente. Se plonger dans son troupeau ! » (19 septembre 2013, aux nouveaux évêques nommés dans l’année).


Comment allons-nous faire route avec Jésus ?


 En communautés de disciples : l’expression vient du saint pape Jean-Paul II dans sa première Lettre encyclique, Redemptor hominis (n. 21, 4 mars 1979 ; voir ma lettre : Année pastorale 2015-2016 : « Tous en mission de disciples », p. 4).

 En disciples missionnaires, comme nous le demande à temps et contretemps le pape François, notamment dans son Exhortation apostolique Evangelii gaudium (2014) ; nous avons déjà montré comment cette insistance vient du document d’Aparecida, des conférences épiscopales d’Amérique latine, inspiré largement par le cardinal Jorge Bergoglio. Il n’est pas possible d’être missionnaire si l’on n’est pas quotidiennement disciple, à l’écoute de la Parole du Maître et fortifié par les sacrements.


 En des communautés de proximité : on ne peut pas être disciple missionnaire à titre individuel. Nous vivons en Église, c’est-à-dire « rassemblés », dans nos paroisses, nos services et nos mouvements. Le contexte présent, où les chrétiens ne sont pas le grand nombre, nous invite à resserrer nos rangs, à développer nos collaborations, à intensifier nos relations, mettant en oeuvre le principe de subsidiarité, cher à la pensée sociale de l’Église. Cela ne veut pas dire que nos communautés locales puissent vivre en autarcie : seule l’Église locale – ou église particulière –, comme on l’appelle, c’est-à-dire le diocèse, est dotée de tous les moyens nécessaires à l’annonce de Jésus Christ, à la célébration de son Mystère et à tout ce qui en découle dans la vie personnelle et sociale. D’où l’importance d’une vie diocésaine, d’une âme diocésaine, restant sauves les particularités des diverses communautés, dans la mesure où elles concourent à l’unité.
À tous les niveaux, j’invite chacun des « fidèles du Christ », avec le pape François, à se faire le « prochain » des autres, à humaniser, de cette délicatesse qui vient de Dieu, nos relations dans une vraie vie de communauté, où l’on ne peut se contenter d’être juxtaposés, le dimanche, le temps d’une messe, mais où l’on prête attention aux autres, heureux de valoriser, dans la complémentarité, les charismes des uns et des autres. À cet égard, la vie de famille est le premier lieu d’une vraie proximité, comme la vie religieuse – qui comporte la vie communautaire (ce qui n’est pas vrai de toutes les formes de consacrée) – nous stimule dans le sens de liens plus fraternels.


 Guidés par des pasteurs attachés à l’unité de leurs communautés et respectueux de la continuité de leur histoire. Soutenus par les prêtres qui les secondent dans leur mission, par les diacres qui les aident dans la spécificité de leur ministère, et aussi par les laïcs engagés, notamment dans les équipes d’animation pastorale, les curés savent écouter pour déployer, avec les moyens dont ils disposent, un dynamisme missionnaire toujours possible, dans le cadre des orientations du diocèse. Nous avons une belle diversité dans notre diocèse et les curés ne se ressemblent pas. Il faut seulement que les différences ne se muent pas en divergences ou en jugements réciproques sans appel. La miséricorde, avec ses oeuvres, doit se vivre entre nous, pour que grandisse notre unité, afin que le monde puisse croire à la Bonne Nouvelle apportée par Jésus.


 En cette rentrée, nous avons maintenant 13 doyennés, suite à la réflexion qui a bien progressé dans le centre (autour de Muret), ce qui va nous donner la possibilité de mettre en place un nouveau Conseil pastoral diocésain, un an après le nouveau Conseil presbytéral, renouvelé l’an dernier.

Dans son homélie pour le jubilé des prêtres, en la solennité du Sacré-Coeur, le pape François s’est adressé à eux en ces termes :


« Nous sommes appelés à viser au coeur, c’est-à-dire à l’intériorité, aux racines les plus fortes de la vie, au noyau des affections, en un mot, au centre de la personne. Et aujourd’hui, nous tournons le regard vers deux coeurs : le Coeur du Bon Pasteur et notre coeur de pasteurs.
Le prêtre est oint pour le peuple, pas pour choisir ses propres projets, mais pour être proche des gens concrets que Dieu, par l’Église, lui a confiés. Personne n’est exclu de son coeur, de sa prière et de son sourire. Avec un regard aimable et un coeur de père, il accueille, il inclut et, quand il doit corriger, c’est toujours pour approcher ; il ne méprise personne, mais il est prêt à se salir les mains pour tous. Le Bon Pasteur ne connaît pas les gants. Ministre de la communion qu’il célèbre et qu’il vit, il n’attend pas les salutations et les compliments des autres, mais il tend la main en premier, rejetant les bavardages, les jugements et les venins. Il écoute les problèmes avec patience et il accompagne les pas des personnes, accordant le pardon divin avec une généreuse compassion. Il ne gronde pas celui qui laisse ou qui perd la route, mais il est toujours prêt à réinsérer et à calmer les querelles. C’est un homme qui sait inclure.
« Dieu est « tout joyeux » (Lc 5, 5) : sa joie naît du pardon, de la vie qui renaît, du fils qui respire à nouveau l’air de la maison. La joie de Jésus Bon Pasteur n’est pas une joie pour soi, mais c’est une joie pour les autres et avec les autres, la vraie joie de l’amour. C’est aussi la joie du prêtre. Il est transformé par la miséricorde qui donne gratuitement. Dans la prière il découvre la consolation de Dieu et il expérimente que rien n’est plus fort que son amour. Pour cela, il est serein intérieurement, et il est heureux d’être un canal de miséricorde, d’approcher l’homme au Coeur de Dieu. La tristesse pour lui n’est pas normale, mais seulement passagère : la dureté lui est étrangère, parce qu’il est pasteur selon le Coeur doux de Dieu » (3 juin 2016).


L’an dernier, des sessions pour les évêques du sud de la France, puis pour les prêtres de notre Province de Toulouse à Lourdes nous ont fait réfléchir, précisément, sur le thème Des pasteurs selon mon Coeur, pour un meilleur dynamisme missionnaire de nos communautés. Nous aurons à y revenir.


Avec les psaumes des « Montées »


Pour notre route à la suite de Jésus, avec lui, en cette Année pastorale qui commence, dans la continuité de ce que nous avons vécu ensemble l’an dernier (cf. Année pastorale 2015-2016 : « Tous en mission de disciples »), je propose de prendre les Psaumes graduels, ces bijoux de prière, que les Juifs chantaient dans leurs pèlerinages vers Jérusalem, au moins trois fois par an, ce qu’a fait Jésus avec ses parents.


Il est étonnant de constater combien ces prières, chargées de la dévotion des siècles, nous rejoignent dans notre actualité : du Psaume 119 au Psaume 133, le fil d’or est la paix, cette paix qui est dans le nom de Jérusalem.

Le premier montre que l’on est en guerre, tandis que le suivant est tout de confiance (Ps 120) ; le 121e module met l’accent sur la paix de la Ville sainte, tandis que l’on retrouve les soucis et les angoisses juste après (Ps 122, 123), mais sur un fond d’espérance. On s’étonne de se voir au milieu de Jérusalem, protégé par le Seigneur, comme la Ville est gardée par les montagnes (Ps 124). Suite aux exils du peuple, le retour des migrants en procession fait monter l’action de grâce pour les merveilles que fit le Seigneur (Ps 125). Puis la famille, l’épouse et les enfants sont à l’honneur, en des psaumes que cite le pape François au début de son Exhortation apostolique sur La joie de l’amour (Ps 126, 127). La puissance du mal est à l’oeuvre chez ceux qui labourent le dos des justes (Ps 128). On a conscience de son péché dans l’admirable prière du De profundis (Ps 129), mais le regard fixé sur le Jour qui vient. Le 131e raconte les liens entre la Ville et David, pour chanter la fidélité du Seigneur, tandis que les trois petits joyaux que sont les Psaumes 130, 132 et 133 nous placent, pour conclure, dans l’intimité avec le Seigneur, dans la joie d’être unis entre frères, et dans la sérénité du soir au coeur de la Maison de Dieu. Nous avons besoin de tout cela pour « monter » ensemble vers le Seigneur, vers la « Vision de la paix ».


Je confie à Notre Dame « la Petite » au jour de sa Nativité, notre pèlerinage en diocèse tout au long de cette Année pastorale maintenant ouverte, avec ces psaumes qu’elle a chantés, qu’elle a su apprendre à Jésus.


Nos saints de Toulouse nous y aideront. Au cours du printemps, nous célébrerons le 150e anniversaire de la canonisation de sainte Germaine de Pibrac, à qui nous sommes attachés. De même, nous aurons à coeur de nous associer au centenaire de la fondation des soeurs de la Compassion (2 novembre 1817) par le Vénérable Père Maurice Garrigou. La sainteté est notre horizon, non par des performances ascétiques, mais par la croissance de la charité sur les chemins que Jésus nous indique et où il marche avec nous.


+ fr. Robert Le Gall Archevêque de Toulouse
Le 8 septembre 2016 en la Nativité de Notre-Dame

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