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Publié par pastoral

En route pour la conversion écologique: une vision exigeante

Lecture du message du pape sur la huitième « œuvre de miséricorde »

1 SEPTEMBRE 2016 ANITA BOURDIN - PAPE FRANÇOIS

« Malgré nos péchés et les terribles défis que nous avons face à nous, ne perdons jamais l’espérance », exhorte le pape François dans son message 2016 pour la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, ce 1er septembre. Il s’intitule: « Usons de miséricorde envers notre maison commune ». Le pape y invite les catholiques à s’engager sur « la route de la conversion écologique » : c’est une huitième « œuvre de miséricorde » qu’il propose pour l’Année sainte extraordinaire, dans une vision exigeante en prise sur le concret pour relever les défis actuels de la planète.

Une huitième oeuvre de miséricorde

Pour le pape, « l’objet de la miséricorde est la vie humaine elle-même et dans sa totalité », ce qui inclut « la sauvegarde de la maison commune » : le pape ajoute donc une « œuvre de miséricorde » à la traditionnelle liste des sept œuvres de miséricorde matérielles et spirituelles qu’il invite à mettre en œuvre pendant l’année jubilaire : c’est « la sauvegarde de la maison commune ».

Il y voit à la fois une « oeuvre de miséricorde spirituelle » qui requiert « la contemplation reconnaissante du monde », et une « oeuvre de miséricorde corporelle » qui demande les « gestes quotidiens simples » pour rompre « la logique de la violence, de l’exploitation, de l’égoïsme » et pour construire « un monde meilleur » (LS 230-231).

Pour le pape, il est urgent de « changer de route » : il s’agit de « respecter scrupuleusement le commandement originel de préserver la création de tout mal, soit pour notre bien soit pour le bien des autres êtres humains ».

Le titre lui-même indique une application précise de la miséricorde, au rapport à la création. Le terme « maison commune » renvoie directement à l’encyclique – sociale – sur l’écologie humaine intégrale « Laudato si » (24 mai 2015) dont le titre annonce: « encyclique… sur la sauvegarde de la maison commune ».

Le pape, qui vient d’instituer, le 31 août, un « Dicastère au service du développement humain intégral » incluant une section « écologique », lançait, dans son encyclique, un appel au dialogue, sous le signe des jeunes : « Les jeunes nous réclament un changement. Ils se demandent comment il est possible de prétendre construire un avenir meilleur sans penser à la crise de l’environnement et aux souffrances des exclus. J’adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète » (Laudato si’, 13-14).

Le courage de Bartholomée Ier

Dans ce message pour la seconde journée mondiale, le pape discerne et dénonce le péché qui conduit à la dégradation de la « maison commune », il appelle de nouveau à un examen de conscience.

Le pape évoque ces péchés pas encore reconnus ni confessés dans le domaine de la préservation de l’environnement- « péchés envers la création, les pauvres et les générations futures » -, invitant à franchir une étape de plus dans le jubilé de la miséricorde: « Engageons-nous à accomplir des pas concrets sur la route de la conversion écologique, qui demande une claire prise de conscience de notre responsabilité à l’égard de nous-mêmes, du prochain, de la création et du Créateur (cf. LS 10 ; 229). »

Le pape salue les « nombreuses initiatives » prises « pour sensibiliser encore plus l’opinion publique aux dangers de l’exploitation irresponsable de la planète ». Il se réjouit que ce mouvement rassemble « chrétiens et non-chrétiens, personnes de foi et de bonne volonté » pour « montrer de la miséricorde envers notre maison commune – la terre – et valoriser pleinement le monde dans lequel nous vivons comme lieu de partage et de communion ».

 Le cri de la terre et le cri des pauvres

Il s’agit, répète le pape, d’entendre le cri de la terre et le cri des pauvres: « Avec ce Message, je renouvelle le dialogue avec chaque personne qui habite cette planète au sujet des souffrances qui affligent les pauvres et la dévastation de l’environnement. »

Il invite à refuser la résignation comme l’indifférence, et des « comportements irresponsables et égoïstes », dénonçant le réchauffement de la planète et ses corollaires : « sécheresse, inondations, incendies et événements météorologiques extrêmes toujours plus graves », mais aussi « crise poignante des migrants forcés ».

« Quand nous maltraitons la nature, nous maltraitons aussi les êtres humains », rappelle le pape qui épingle une « exploitation aveugle et égoïste » de la terre et il rend hommage au « courage » du patriarche Bartholomée, en citant ses paroles : « Que les hommes détruisent la diversité biologique dans la création de Dieu ; que les hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant ses zones humides ; que les hommes polluent les eaux, le sol, l’air : tout cela, ce sont des péchés » (…) « un crime contre la nature est un crime contre nous-mêmes et un péché contre Dieu ». C’était dans un discours à Santa Barbara, Californie, en dès le 8 novembre 1997.

S’examiner pour changer

Le pape invite à un « examen de conscience » qui parte de la « gratitude » pour le don de la création, et l’interconnexion des êtres vivants,  pour reconnaître les « péchés envers la création, les pauvres et les générations futures » : « nous sommes appelés à reconnaître ‘notre contribution, petite ou grande, à la défiguration et à la destruction de la création’ ».

Il inscrit cette démarche dans la logique lancée par saint Jean-Paul II, qui, pour le Jubilé de l’incarnation de l’An 2000, a invité à reconnaître les « torts pour l’intolérance religieuse passée et présente, ainsi que pour les injustices commises envers les Juifs, les femmes, les peuples indigènes, les immigrés, les pauvres et les enfants à naître » : « repentons-nous du mal que nous faisons à notre maison commune ».

Il évoque la dynamique enclenchée par la confession des péchés : « Nous les confessons parce que nous sommes repentants et que nous voulons changer. Et la grâce miséricordieuse de Dieu que nous recevons dans le Sacrement nous aidera à le faire. »

Agir pour améliorer le monde

Concrètement, « l’examen de conscience, le repentir et la confession au Père riche en miséricorde conduisent à un ferme propos de changer de vie », fait observer le pape qui  indique, comme dans Laudato si’, dans quels domaines : « par exemple de faire un usage raisonnable du plastique et du papier, de ne pas gaspiller l’eau, la nourriture et l’énergie électrique, de trier les déchets, de traiter avec soin les autres êtres vivants, d’utiliser les transports publics et de partager un même véhicule entre plusieurs personnes, et ainsi de suite ». Il s’agit de changer de « style de vie » à long terme en vue du « bien commun, qui comprend la durabilité et la sauvegarde de la création » et « une capacité de cohabitation et de communion ».

Et à propos de la “dette écologique” entre le Nord et le Sud du monde, le pape ajoute : « Sa restitution demanderait de prendre soin de l’environnement des pays plus pauvres, leur fournissant des ressources financières et une assistance technique qui les aident à gérer les conséquences des changements climatiques et à promouvoir le développement durable. »

Le message souligne la nécessité d’ « un consensus politique croissant », et salue l’adoption des « Objectifs de Développement durable » (sept. 2015) et « l’Accord de Paris sur les changements climatiques » de décembre 2015. Il s’agit maintenant pour les gouvernements de « respecter les engagements pris », pour les entreprises d’ « assumer leur part de façon responsable », et pour les citoyens « d’exiger qu’il en soit ainsi, et qu’on vise même des objectifs toujours plus ambitieux ».

Pour atteindre ces objectifs, le pape François invite à prier, le 1er septembre, et « tout le reste de l’année ».